Faire une recherche
 

 

Actualités

Artistes

Références Salammbô

Nous contacter

Il fut un temps où l’on ne parlait de vision qu’à propos de quelques rares artistes envisageant la musique de manière panoramique comme Jimi Hendrix, Sly Stone ou John Coltrane. Aujourd’hui, on distribue l’étiquette “ visionnaire ” comme on attribue un disque d’or, comme des friandises pour une fête.

Shuggie Otis fut réellement un visionnaire. A quinze ans, on le comparait à Hendrix et aux Kings de la guitare blues (B.B., Albert, Freddie). Le jeune phénomène allait se livrer à travers deux albums profondément singuliers, défiant tous les genres, “ Freedom Flight ” paru en 1971 et “ Inspiration Information ”, en 1974. Ces albums, où il joue pratiquement de tous les instruments, réglaient son compte à Sly Stone, offraient aux frères Johnson leur hit le plus inoubliable (“ Strawberry Letter 23 ”) et précédaient de cinq ans la synthèse stylistique que Prince allait accomplir.  

Fils du musicien de rhythm ‘n’ blues Johnny Otis, Shuggie était un prodige de la guitare, mais il n’en resta pas là. Batteur et vibraphoniste exceptionnel, il s’immergea dans la technologie des boîtes à rythme de la première génération. Il jouait aussi du piano et de l’orgue, faisait des arrangements de cuivres et de cordes. Ses amis racontent qu’il jouait au moins aussi bien de la basse que de la guitare.

Johnny Otis raconte que son fils était un musicien né. Lorsque Otis père encouragea son guitariste de fils, encore adolescent, à développer l’intérêt qu’il manifestait pour la musique de film en s’inscrivant à des cours de composition, ceux-ci ne durèrent pas longtemps. Après quelques jours, le professeur demanda au père d’en rester là, car “ il connaît déjà tout ça ! ”.

Après s’être produit avec le groupe de son père, Shuggie fit des séances de studio avec Frank Zappa et Al Kooper avant de commencer une carrière solo.