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Moïna,
portrait
Moïna Erichson
— appelez-la tout simplement Moïna — est repérée après un premier opus
en 98 : « talent prometteur ».
Moïna, une
songwriter qu'on croise mains dans les poches, naturelle, les yeux d'un
bleu des eaux de la Baltique. Née à Hambourg, la jolie rousse à tâches
de rousseur joue d'un talent non formaté et confirme avec Call my name
son second album une vraie maturité de compositeur. Moïna a trouvé sa couleur.
"Un album qui me ressemble", dit-elle.
La
musique
La musique
de Moïna s'évade d'un piano préparé, trafiqué de ficelles, de chaînes,
de clous, un timbre d'avant-garde que ne saurait renier le new-yorkais
John Cage, des mélodies élégantes qu'elle souhaitait habiller de teintes
coordonnées.
Ainsi naît
la fusion inattendue du songwriting acoustique et du groove des machines,
un folk électronique qui explore les sonorités limites du registre pop
: tablas, santur, surbahar, double bass, trio de cordes d'orchestre
de chambre… Moïna tient les claviers, l'orgue ou l'harmonium indien, et
construit un univers au chatoiement naturel, à la sophistication tempérée,
élargissant le spectre de la contemporary pop des Fiona Apple, P.J.
Harvey, Goldfrapp, Portishead, ou Radiohead…
On passe
du clair à l'obscur dans une atmosphère de concept album. On songera à
la légendaire Nico, de par la nationalité allemande de Moïna, l'harmonium,
ou plus sûrement, de par la présence de Mad Sheer Khan qui réalise l'album
et signe les arrangements, lui qui accompagna deux ans la Diva.
Aux faders,
s'est installé Mark Howard musicien-arrangeur et gentleman anglais qui
vit à Los Angeles, compté parmi les meilleurs du monde de l'avis de ses
employeurs : Iggy Pop, Bob Dylan, ou Marianne Faithfull…
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La
voix
La
voix de Moïna qui ondule entre modulations subtiles et mordantes, s'exprime
ici en anglais à travers des textes à l'écriture adroitement tenue. Un
choix ambitieux, mais la cosmopolite Moïna s'y révèle très à son aise,
comme elle l'est en français, et en allemand…
Le
titre éponyme Call my name, Don't believe in me, ainsi qu'une
version surprenante folk électro de Broken english de Marianne Faithfull
assurent la part sombre, quand One and one, Little Cherubin,
Hollows ou Un Jardin pour Mélissandre jouent la demi teinte.
Le pop-rock de Girl on the moon, Fake the fashion ou The Sender,
rechargent les énergies d'un bonheur musical conclu par un morceau fantôme.
«
Une musique entre les landscapes sauvages d'Irlande et les highways solitaires
d'Amérique du Nord, entre David Lynch et Wim Wenders », s'enflamme Mad
Sheer Khan.
L'ensemble
vibre et fait vibrer. Moïna, un feu follet qu'on ne saurait mettre en cage.
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