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Higher Ground
Real World / Virgin - 3 Septembre 2002

Depuis plus de 60 ans, les Blind Boys Of Alabama n'ont cessé d'aller de l'avant. Depuis leur formation à l'Institut pour Aveugles de l'Alabama en 1939, ils ont perpétué l'esprit et l'énergie du gospel. Les membres fondateurs, Clarence Fountain, Jimmy Carter et George Scott, ainsi que Joey Williams, Ricky McKinnie et Bobby Butler, qui les ont rejoints plus récemment, ont puisé dans les thèmes chers au gospel sur les vicissitudes de l'existence interprétant avec aisance ses harmonies puissantes et ses faussets entêtants. A un âge où la plupart des hommes coulent des jours paisibles, les Blind Boys Of Alabama sont toujours aussi dévoués à la musique la sublimant en une célébration joyeuse et irrésistible.

Les Blind Boys Of Alabama ne se contentent d'ailleurs pas d'incarner la quintessence d'une tradition musicale américaine charismatique, ils l'enrichissent. Si le blues, le rhythm'n'blues et le rock'n'roll se sont inspiré du gospel, les Blind Boys eux revisitent des chansons populaires pour les consacrer, comme en témoignent leurs derniers albums et concerts.

 
 
 

Depuis leur participation en 1983 dans "The Gospel At Colonus" (une production de Bob Telson et Lee Breuer qui a connu un franc succès à Broadway et Off-Broadway et a remporté un Obie Award) qui leur a permis de se faire connaître auprès d'un plus large public, les Blind Boys n'ont cessé de reprendre des chansons appartenant à la culture populaire américaine, comme par exemple "I Believe In You" de Bob Dylan ou "Dimming Of The Day" de Richard Thompson, pour leur donner une nouvelle dimension spirituelle. Dans Spirit Of The Century (Real World), qui a été couronné d'un Grammy Award l'an dernier, ils ont appliqué ce principe revisitant une sélection éclectique de titres des Rolling Stones, Tom Waits et Ben Harper, entourés pour l'occasion d'instrumentistes prestigieux tels que le guitariste de blues John Hammond, l'harpiste virtuose Charlie Musselwhite ou encore David Lindley aux cordes.

Higher Ground, qui s'annonce d'ores et déjà comme le digne successeur d'un Spirit Of The Century qui a fait date, est un savant assortiment de chansons issues du répertoire classique et contemporain réunissant des compositions de Curtis Mayfield ("People Get Ready"), Prince ("The Cross"), Aretha Franklin ("Spirit In The Dark"), Jimmy Cliff ("Many Rivers To Cross"), Ben Harper ("I Shall Not Walk Alone"), Stevie Wonder ("Higher Ground") et même Funkadelic ("Me And My Folks"). Mais ce n'est pas tout. Higher Ground jette à bien des égards un pont entre les générations et les genres avec notamment la participation de Robert Randolph et son Family Band. Ce musicien de 24 ans, originaire du New Jersey, s'est imposé au cours de ces deux dernières années comme l'un des artistes les plus originaux et intéressants du 'nouveau boogie'. Il est devenu l'un des principaux représentants de la tradition 'sacred steel', qui utilise la guitare pedal steel dans les services religieux pentecôtistes, et est ici accompagné sur plusieurs morceaux de Ben Harper à la guitare slide.

Higher Ground est une judicieuse conjugaison de talents associant les sublimes vocaux gospel des Blind Boys avec Robert Randolph et sa redoutable formation.

"Il y a quelque chose dans la musique et le son qui fait vibrer les gens, man," déclare Robert Randolph, qui a commencé à jouer de la pedal steel guitar à l'âge de 16 ans. "Les Blind Boys sont une formation gospel majeure. Ils sont capables de transformer n'importe quelle chanson en un titre gospel, parce qu'ils ont ce son dans la peau. Enregistrer un disque avec eux a été pour moi une formidable expérience, ils ont une grande expérience de la musique." Ces séances avec les Blind Boys l'ont d'ailleurs conforté dans sa démarche musicale : "On peut faire de la grande musique avec des groupes live, de vrais instruments et des chansons positives tout en touchant un large public."

 

 
 

Le surprenant éventail de chansons sélectionnées dans Higher Ground contribuera certainement à élargir le public des Blind Boys. Même si, comme le souligne Clarence Fountain, la différence entre un hit R&B groovy et funky et un sermon bouleversant n'est qu'une question d'interprétation. Si le message est fort, il sera perçu. "Si les paroles nous semblent correctes, nous les chantons," déclare Clarence. "Tant qu'il n'y a pas de connotations amoureuses ou sexuelles, cela ne nous pose pas de problème." Et de citer à titre d'exemple "The Cross" de Prince (extrait de l'album Sign Of The Times de 1987) : "Dans cette chanson il n'est pas question de sa petite amie, ni de son amour pour elle. Il parle de la Croix, cela nous convient donc parfaitement."

De même, des titres comme "Many Rivers To Cross" (extrait de la bande originale du film culte jamaïcain Tout, Tout de suite (The Harder They Come) sorti en 1973) et "People Get Ready" (un standard de Curtis Mayfield) peuvent aussi être envisagés comme de véritables prières. Un aspect que les Blind Boys savent exploiter à merveille.

"Voilà comment on procède," poursuit Clarence. "Si une chanson nous convient, on la décortique pour voir si chaque mot peut s'adapter à la manière dont nous souhaitons l'interpréter. La musique est la musique et une chanson n'est bonne que si on la ressent vraiment." Ce nouvel album foisonne d'exemples montrant le talent des Blind Boys pour 'habiter' certaines chansons (pour s'en convaincre, il suffit d'écouter leur version de "Me And My Folks" de Funkadelic enchaînant sur une lecture du 23ème psaume).

Parallèlement, le désir des Blind Boys de collaborer avec des artistes issus de la scène rock actuelle montre aussi une réelle ouverture d'esprit comme en témoigne la présence de Ben Harper sur plusieurs morceaux. "L'interprétation de "Higher Ground" est tout simplement extraordinaire," déclare le producteur John Chelew, qui était déjà aux manettes de Spirit Of The Century. "Il y a une interaction fabuleuse entre le jeu de Ben et de Robert. Ça rappelle un peu un disque de Cream. Ben a un son très psychédélique, tandis que le jeu de Robert s'inscrit dans la pure tradition boogie, c'est vraiment génial."

Mais ce que John Chelew a apprécié le plus chez les Blind Boys, c'est leur curiosité et leur désir de travailler sur des répertoires avec lesquels ils n'étaient pas familiers. "En général en vieillissant les artistes ont tendance à être de moins en moins souples," confie-t'il. "Ce n'est absolument pas le cas de Blind Boys. Ils ont gardé une jeunesse d'esprit étonnante. Ils nous proposent une version du Christianisme tellement réconfortante et ouverte qu'il est difficile de dire où finit l'art et où commence la spiritualité. Ils font abstraction des étiquettes et des genres."

Et l'infatigable Clarence Fountain de conclure : "Je crois que c'est un bon album. Je croise les doigts pour un autre Grammy Award."

2001 - Une année bénie pour les Blind Boys Of Alabama

Après plus de soixante ans de carrière, les Blind Boys remportent leur premier Grammy Award avec Spirit Of The Century dans la catégorie "Meilleur Album Soul Gospel Traditionnel"
Ils sont nominés au 'Virgin Shortlist Prize' pour leur carrière
Nommés 'Best Of 2001 Editor's Pick' sur Amazon.com
N° 1 du 'Customer's Pick' dans la catégorie Gospel sur Amazon.com
Nominés pour les premiers BBC Radio 3 Awards (R-U)
Cités parmi les albums de l'année dans le magazine Wanderlust (R-U)
Invités dans certaines des plus prestigieuses émissions télévisées américaines et anglaises : Letterman, Tonight With Jay Leno, 60 Minutes with Dan Rather, Later With Jools Holland.


"Meilleur album de l'année 2001". Washington Post (Etats-Unis)

"Dans l'impressionnant et superbe Spirit Of The Century… [les Blind Boys] sont littéralement géniaux." Rolling Stones (Etats-Unis)

"Magnifiquement enregistré, préparez-vous à être transporté au fin fond du Sud des Etats-Unis, sur une route poussiéreuse ou dans une petite église en bois… Soulignons une version du traditionnel "Amazing Grace" écossais sur l'air de "The House Of The Rising Sun", une chanson du folklore noir américain." Straight No Chaser (Royaume-Uni)

"Cet album gospel est un pur joyau, idéal aussi bien pour le samedi soir que le dimanche matin." Dirty Linen (Etats-Unis)

"Une institution depuis leur splendeur dans les années 50, les Blind Boys sont la preuve vivante que la tradition gospel ne sert pas uniquement à permettre à Moby de placer ses titres dans des pubs de voitures… Voilà un album superbe. Il y a certes des musiciens de grande classe… mais ce sont les harmonies vocales qui donnent la chair de poule surtout lorsqu'ils concluent avec "This may be the last time we moan together" (c'est peut-être la dernière fois que nous nous lamentons ensemble). Que Dieu nous en préserve."
The Observer (Royaume-Uni).

"Frais, accessible, agrémenté d'instrumentations… à la fois originales et ingénieuses."
MOJO (Royaume-Uni)